Naissance de Marguerite Marie d'Autriche (1651-1673), infante d'Espagne
Philippe
IV, roi d'Espagne (1621-1665), perd en quelques années son épouse Élisabeth de France (fille d'Henri IV), son fils Balthazar Carlos, héritier du trône,
ainsi que ses frères Charles et Ferdinand (héritiers présomptifs). La quarantaine
désillusionnée marquée par des défaites militaires succède aux débuts de règne au faste
joyeux. Le voila obligé de se remarier pour assurer
une succession masculine au trône de l'empire espagnol. Quelle meilleure
fiancée que sa nièce Marie-Anne d'Autriche, fille de sa sœur, qui devait épouser son fils
décédé ? Ainsi l'on maintient l'alliance avec la branche
cadette autrichienne si vitale à l'Espagne dans la configuration géopolitique de l'Europe d'alors, au mépris des risques inconnus de la consanguinité.
Le mariage a lieu en 1649. Le
premier fruit de cette union verra le jour en 1651 : Marguerite Marie, la princesse
des Menines si fameuses de Vélasquez. Dans une lettre qu'il adresse a
Sor María de Jesús de Ágreda, religieuse avec qui il maintient une
correspondance constante durant 22 ans, Philippe IV annonce l'heureuse
délivrance de sa nièce et épouse et commente la naissance de sa fille :
"La recién nacida está muy bonita; bautizarémosla el día de Santiago y
se llamará Margarita María, el nombre de las dos abuelas. Encomendádmela
a Dios y pedidle que, si esta criatura no se hubiere de criar para su
santo servicio, se la lleve antes que tenga uso de razón" - "La
nouvelle-née est très jolie; nous la baptiserons le jour de la
Saint-Jacques et elle s'appellera Marguerite Marie, le prénom de ses
deux grands-mères. Recommandez-la à Dieu et si cette
enfant ne devait pas être élevée pour le servir saintement, demandez qu'il la
rappelle à lui avant qu'elle ait âge de raison".
Propos qui nous évoquent la triste réalité de la mortalité infantile de l'époque d'autant plus importante au sein de la famille royale que les naissances sont issues d'unions consanguines. Dans sa correspondance avec Sor María, la tendresse du père transparaît alors qu'il donne des nouvelles de sa famille : "La chiquita se cría muy sanita" ; "La toute petite grandit bien sainement". Les craintes de Philippe IV seront vaines concernant Marguerite Marie puisque cette infante sera la seule enfant du couple, avec son frère Charles II, a atteindre l'âge adulte.
Propos qui nous évoquent la triste réalité de la mortalité infantile de l'époque d'autant plus importante au sein de la famille royale que les naissances sont issues d'unions consanguines. Dans sa correspondance avec Sor María, la tendresse du père transparaît alors qu'il donne des nouvelles de sa famille : "La chiquita se cría muy sanita" ; "La toute petite grandit bien sainement". Les craintes de Philippe IV seront vaines concernant Marguerite Marie puisque cette infante sera la seule enfant du couple, avec son frère Charles II, a atteindre l'âge adulte.
Sources : Cartas de sor
María de Jesús de agreda y de Felipe IV, edición y
estudio preliminar de Carlos Seco Serrano, en Biblioteca de Autores españoles desde la formación del lenguaje hasta
nuestros días, Madrid, 1958.


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